{"id":4040,"date":"2017-10-17T16:30:46","date_gmt":"2017-10-17T15:30:46","guid":{"rendered":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/?p=4040"},"modified":"2017-10-17T16:45:26","modified_gmt":"2017-10-17T15:45:26","slug":"georges-perin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/georges-perin\/","title":{"rendered":"Georges P\u00e9rin"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-4043 alignleft\" src=\"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Georges_Pe\u0301rin_.jpg\" alt=\"Georges_Pe\u0301rin_\" width=\"191\" height=\"292\" \/>Georges P\u00e9rin na\u00eet \u00e0 Metz le 1<sup>er<\/sup> novembre 1873, d\u2019un p\u00e8re p\u00e2tissier-traiteur et h\u00f4telier, au 15 de la rue du Palais. Il passe ses 7 premi\u00e8res ann\u00e9es dans la cit\u00e9 annex\u00e9e. En 1880, sa famille s\u2019installe \u00e0 Reims afin que Georges b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une \u00e9ducation fran\u00e7aise. Rebut\u00e9 par la discipline s\u00e9v\u00e8re du lyc\u00e9e, il se passionne pour la po\u00e9sie et pour les autres arts comme la musique. Il est attir\u00e9 en particulier par le symbolisme de Verlaine et par la prose de Zola et de Maupassant.<\/p>\n<p>A 19 ans, en 1892, il rencontre C\u00e9cile Martin. A 21 ans, il \u00e9crit une premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, <em>Le Nid<\/em>, com\u00e9die en 1 acte versifi\u00e9e, repr\u00e9sent\u00e9e\u00a0au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Reims en mars 1895.<\/p>\n<p>Etudiant en droit \u00e0 Paris, sans conviction, il suit parall\u00e8lement des \u00e9tudes de litt\u00e9rature et philosophie \u00e0 la Sorbonne. Il fr\u00e9quente les caf\u00e9s et les r\u00e9unions litt\u00e9raires o\u00f9 chacun peut lire ses propres vers. En janvier 1896, il participe au cort\u00e8ge fun\u00e8bre de Paul Verlaine dont il est un grand admirateur. A l\u2019issue de sa licence en droit, il obtient un poste de commis \u00e0 l\u2019Assistance publique, condition sine qua non pour son mariage avec C\u00e9cile Martin qu\u2019il \u00e9pouse en 1898. Leur fille Yvonne na\u00eet l\u2019ann\u00e9e suivante rue de Cluny. Puis le foyer s\u2019installe dans le 5<sup>e<\/sup> arrondissement.<\/p>\n<p>Son travail, tr\u00e8s moyennement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, lui permet de s\u2019adonner \u00e0 la po\u00e9sie et de faire la connaissance d\u2019autres personnages de la vie litt\u00e9raire d\u2019alors, comme celle d\u2019Edmond Pilon et de Fernand Dauphin dont il est le coll\u00e8gue. Vers 1898, Georges P\u00e9rin est intronis\u00e9 dans certains cercles litt\u00e9raires parisiens. Avec C\u00e9cile, il se lie d\u2019amiti\u00e9 avec plusieurs \u00e9crivains et leurs \u00e9pouses. Parmi leurs amis, citons Charles Vildrac, Georges Duhamel, Ren\u00e9 Arcos. En 1902 Georges P\u00e9rin publie <em>Les Emois blottis<\/em> dans <em>La Plume<\/em>, recueil salu\u00e9 par la critique.<\/p>\n<p>Son domaine en po\u00e9sie sont les possibles, les sensations volatiles, l\u2019inaccompli, les instants fragiles, la lisi\u00e8re entre l\u2019imaginaire et le r\u00e9el. Sa principale source d\u2019inspiration est la nature, \u00e0 laquelle il est profond\u00e9ment attach\u00e9. Ses recueils de vers sont appr\u00e9ci\u00e9s par de grands critiques et par des po\u00e8tes de renom (<em>La Lisi\u00e8re blonde<\/em>, 1906 par ex.), notamment pour leur sinc\u00e9rit\u00e9 et leur d\u00e9licatesse. Souvent, on le compare \u00e0 Verlaine dont il \u00e9tait un admirateur fervent. Ses po\u00e8mes refl\u00e8tent son extr\u00eame sensibilit\u00e9, \u00e0 la nature et \u00e0 tout bruissement de vie, mais aussi \u00e0 la moindre tension entre les individus.<\/p>\n<p>Georges P\u00e9rin poss\u00e8de un sens de l\u2019humour certain, mais sans la causticit\u00e9 qui lui aurait permis de devenir pol\u00e9miste. Th\u00e9oricien, critique et po\u00e8te, il cultive aussi le roman. Le naturalisme lui inspire des intrigues o\u00f9 les faits sociaux jouent un r\u00f4le pr\u00e9gnant, et derri\u00e8re lesquelles pointe son id\u00e9al socialiste et internationaliste. Abhorrant le \u00ab\u00a0sentimentalisme de feuilleton\u00a0\u00bb, il oriente ses messages vers le f\u00e9minisme, et met en sc\u00e8ne l\u2019\u00e9panouissement personnel, intellectuel et social de la femme. Ce f\u00e9minisme sinc\u00e8re se traduit par le soutien inconditionnel pour les cr\u00e9ations po\u00e9tiques de son \u00e9pouse qui est \u00e9galement reconnue parmi les po\u00e9tesses de son temps.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du si\u00e8cle, les \u00e9poux P\u00e9rin sont activement m\u00eal\u00e9s \u00e0 la vie litt\u00e9raire parisienne. Vie litt\u00e9raire et sociale se confondent\u00a0: ne se r\u00e9clamant d\u2019aucune \u00e9cole en particulier, ils fr\u00e9quentent les soir\u00e9es po\u00e9tiques de <em>La Plume<\/em>, les r\u00e9citations du Salon d\u2019Automne, les \u00ab\u00a0samedis po\u00e9tiques\u00a0\u00bb du Th\u00e9\u00e2tre Antoine notamment. Georges est secr\u00e9taire de la Section litt\u00e9raire du Salon d\u2019Automne pour la po\u00e9sie et participe aux matin\u00e9es po\u00e9tiques de l\u2019Universit\u00e9 populaire du Faubourg Saint-Antoine. Ses correspondants et amis sont Apollinaire, Maeterlinck, Verhaeren, Jules Romains. Il fut l\u2019un des premiers \u00e0 s\u2019associer \u00e0 l\u2019\u0153uvre des Symbolistes. D\u00e8s 1905, il fr\u00e9quente La Closerie des Lilas, pour des soir\u00e9es d\u2019\u00e9changes d\u2019id\u00e9es, d\u2019\u00e9laborations de th\u00e9ories po\u00e9tiques anim\u00e9es par Paul Fort, fondateur de <em>Vers et Prose<\/em> (1905-1914).<\/p>\n<p>Le vers libre, lib\u00e9r\u00e9 des contraintes de la m\u00e9trique classique, alors tenu en suspicion par le public, fait l\u2019objet de batailles et de recherches auxquelles Georges P\u00e9rin participe pleinement. Sensible et mesur\u00e9, il est tout autant r\u00e9volutionnaire que les \u00e9crivains les plus exub\u00e9rants car il pr\u00f4ne une po\u00e9sie r\u00e9gie par le sentiment, sans compromis.<\/p>\n<p>Cette vie litt\u00e9raire se traduit par de nombreuses collaborations \u00e0 des revues litt\u00e9raires\u00a0: outre pour <em>La Plume<\/em>, Georges P\u00e9rin \u00e9crit notamment pour <em>Le Festin d\u2019Esope<\/em> fond\u00e9 par Apollinaire en 1903 qu\u2019il rencontre la m\u00eame ann\u00e9e, ou pour <em>La Phalange<\/em> de Jean Roy\u00e8re, revue du n\u00e9o-symbolisme.<\/p>\n<p>Les \u00e9poux P\u00e9rin sont \u00ab\u00a0adh\u00e9rents externes\u00a0\u00bb (au m\u00eame titre que Pierre-Jean Jouve, Marinetti et Jules Romains) au groupe de l\u2019Abbaye, phalanst\u00e8re d\u2019\u00e9crivains fond\u00e9 par Charles Vildrac et son beau-fr\u00e8re Georges Duhamel, vivant dans une propri\u00e9t\u00e9 de Cr\u00e9teil entre 1906 et 1907.<\/p>\n<p>Dans son \u0153uvre comme dans celle de son \u00e9pouse, la Grande Guerre introduit la peine. Moralement, le conflit a plong\u00e9 Georges P\u00e9rin dans une sorte de d\u00e9tresse, mais il garde espoir. Tr\u00e8s affaibli physiquement, il s\u2019\u00e9teint de la tuberculose \u00e0 49 ans le 17 f\u00e9vrier 1922. Parmi les personnalit\u00e9s litt\u00e9raires pr\u00e9sentes \u00e0 l\u2019inhumation au cimeti\u00e8re d\u2019Ivry, figurent Gustave Kahn, Charles Vildrac, Edmond Pilon, Tristan Klingsor, Andr\u00e9 Fontainas, Ren\u00e9 Arcos.<\/p>\n<p>Les petites-filles des \u00e9poux P\u00e9rin, Lise Jamati et Viviane Isambert-Jamati, ont fait don de la biblioth\u00e8que de leurs grands-parents \u00e0 la BU de l\u2019Universit\u00e9 de Metz en 1997. Le fonds int\u00e8gre \u00e9galement la biblioth\u00e8que d\u2019Edmond Pilon qui, sans h\u00e9ritier, l\u2019a l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 C\u00e9cile P\u00e9rin. La collection est repr\u00e9sentative des nombreuses relations litt\u00e9raires entretenues par les po\u00e8tes avant la Premi\u00e8re Guerre Mondiale, et contient notamment plusieurs titres \u00e9dit\u00e9s par le phalanst\u00e8re de l\u2019Abbaye, par <em>La Phalange<\/em>, les \u0153uvres des \u00e9crivains fr\u00e9quent\u00e9s par Georges et C\u00e9cile P\u00e9rin mais aussi par Edmond Pilon. Elle est une source d\u2019int\u00e9r\u00eat certain pour toutes recherches sur la vie et l\u2019actualit\u00e9 litt\u00e9raires de la Belle Epoque.<\/p>\n<p>Les archives personnelles de Georges et C\u00e9cile P\u00e9rin sont, elles, pour l\u2019essentiel conserv\u00e9es \u00e0 la BnF.<\/p>\n<h2>\u0152uvres de Georges P\u00e9rin<\/h2>\n<p>(ne figurent pas les collaborations aux revues)\u00a0:<\/p>\n<h3>Pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/h3>\n<p><em>Le Nid<\/em> (1895)<br \/>\nRecueils de po\u00e8mes\u00a0:<br \/>\n<em>Les Emois blottis<\/em> (1902)<br \/>\n<em>La Lisi\u00e8re blonde<\/em> (1906)<br \/>\n<em>Le Chemin, l\u2019Air qui glisse\u2026<\/em> (1910)<br \/>\n<em>Les F\u00eates dispers\u00e9es<\/em> (1921)<br \/>\n<em>La Nuit brille<\/em> (posthume, 1922).<\/p>\n<h3>Romans<\/h3>\n<p><em>L\u2019Expiation<\/em> (1905)<br \/>\n<em>Les Rameurs<\/em> (1911)<br \/>\n<em>Monsieur Beno\u00eet et sa Marion <\/em>(1920)<br \/>\n<em>Main sans bague<\/em> (1922)<br \/>\n<em>Petite Madame Collomb<\/em> (posthume, 1923)<br \/>\n<em>Sous un certain jour<\/em> (posthume, 1932)<\/p>\n<h3><strong>Citation<\/strong><\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai quelques fois depuis la guerre des souvenirs de ma premi\u00e8re enfance \u00e0 Metz, des souvenirs que je n\u2019avais jamais eus. Un arbre que je vois tous les ans \u00e0 Vichy m\u2019a rappel\u00e9 cette ann\u00e9e pour la premi\u00e8re fois un arbre sous lequel on m\u2019emmenait ramasser des marrons au Ban-Saint-Martin. Qu\u2019est-ce que je penserais si j\u2019\u00e9tais rest\u00e9 l\u00e0-bas\u00a0? Quand j\u2019y retournerai, apr\u00e8s la guerre, \u00e7a me fera plaisir\u00a0! Car je pense bien que l\u2019Alsace-Lorraine sera fran\u00e7aise. Ceci me para\u00eet tout-\u00e0-fait n\u00e9cessaire et c\u2019est ce qui symbolisera mieux la victoire, le droit r\u00e9par\u00e9.\u00a0\u00bb, Lettre \u00e0 Fernand Dauphin du 2 mars 1916, in\u00e9dite.<\/p>\n<h3>Sources\u00a0:<\/h3>\n<p>Catherine Boschian-Campaner, <em>Georges P\u00e9rin, po\u00e8te messin<\/em>. Paris : Messene, 1999.<\/p>\n<p>Daniel Bornemann, <em>\u201cLe fonds C\u00e9cile et Georges P\u00e9rin, t\u00e9moignage de la vie litt\u00e9raire du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle\u201d<\/em>, Catalogue de l\u2019exposition tenue du 27 janvier au 10 f\u00e9vrier 1997 au Service Commun de la Documentation de l\u2019Universit\u00e9 de Metz, BU du Saulcy.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Georges P\u00e9rin na\u00eet \u00e0 Metz le 1er novembre 1873, d\u2019un p\u00e8re p\u00e2tissier-traiteur et h\u00f4telier, au 15 de la rue du Palais. Il passe ses 7 premi\u00e8res ann\u00e9es<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/georges-perin\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43,41,44],"tags":[],"class_list":["post-4040","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dramaturge","category-poete","category-romancier"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4040","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4040"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4040\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4042,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4040\/revisions\/4042"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4040"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4040"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4040"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}