{"id":3793,"date":"2017-07-13T14:41:22","date_gmt":"2017-07-13T13:41:22","guid":{"rendered":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/?page_id=3793"},"modified":"2018-03-27T16:21:54","modified_gmt":"2018-03-27T15:21:54","slug":"nicolas-brucker","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/nicolas-brucker\/","title":{"rendered":"Nicolas Brucker"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]<strong>Nicolas Brucker<\/strong><br \/>\n\u00c9critures<br \/>\nUniversit\u00e9 de Lorraine<br \/>\nF-57000<br \/>\nnicolas.brucker[at]univ-lorraine.fr<\/p>\n<h1>Charles de Villers deux cents apr\u00e8s, ou l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00eatre lorrain<\/h1>\n<hr \/>\n<p>Charles de Villers (1765-1815) connut la destin\u00e9e singuli\u00e8re des \u00e9migr\u00e9s, qui, devant pr\u00e9cipitamment quitter la France pour un pays voisin, ont fait souche au point de changer d\u2019identit\u00e9, de langue, de culture<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>. Plus singulier encore, son destin lui a impos\u00e9 des choix qui impliquaient de renier l\u2019appartenance fran\u00e7aise. Il s\u2019est souvenu alors, tr\u00e8s opportun\u00e9ment, qu\u2019il \u00e9tait lorrain, n\u00e9 \u00e0 la fin du r\u00e8gne du dernier duc, quelques mois avant le rattachement de la Lorraine \u00e0 la France\u00a0; et m\u00eame lorrain-allemand, \u00e9tant n\u00e9 \u00e0 Boulay, par-del\u00e0 la fronti\u00e8re linguistique. Deux cents ans apr\u00e8s, des glissements s\u00e9mantiques ont transform\u00e9 le sens des mots\u00a0: franco-allemand, europ\u00e9en, lorrain, tous mots incontournables du discours de la promotion culturelle, dont l\u2019emploi est rendu obligatoire par l\u2019opportunisme m\u00e9diatique, ont pris une r\u00e9sonance autre. Or ces mots d\u00e9finissent des territoires, et justifient des politiques culturelles. Le retour de Charles de Villers en Lorraine en 2015, \u00e0 l\u2019occasion du bicentenaire de sa mort, pose la question de la compatibilit\u00e9 entre deux paradigmes, de la superposition de deux cartographies. Les comm\u00e9morations de 2015 permettent d\u2019envisager les difficult\u00e9s et les limites de la patrimonialisation, mais aussi les tensions qu\u2019elle ravive, parfois tr\u00e8s opportun\u00e9ment, dans les territoires de notre moderne Lorraine. Au-del\u00e0 du cas particulier d\u2019un auteur, nous voudrions porter la r\u00e9flexion au niveau de la place des auteurs lorrains dans le paysage culturel de nos territoires, entre patrimonialisation et cr\u00e9ation artistique\u2026 et sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00eatre lorrain au d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<h2>La Lorraine boulageoise<\/h2>\n<p>Quelques mots pour commencer sur le territoire du Pays Boulageois. Boulay occupe une position m\u00e9diane entre le bassin houiller (Creutzwald, Saint-Avold, Freyming, Forbach) et le sillon mosellan d\u2019une part, entre la Sarre et le val de Seille d\u2019autre part. L\u2019entit\u00e9 politique de cette communaut\u00e9 de communes \u2013 un \u00c9tablissement public de coop\u00e9ration intercommunale (EPCI) \u2013 est n\u00e9e en 2007, regroupant 26\u00a0communes, sur une surface de 222\u00a0km<sup>2<\/sup>, et comptant 14\u00a0800\u00a0habitants. Coinc\u00e9 entre des zones urbaines \u00e0 forte densit\u00e9 de population et des zones au pass\u00e9 r\u00e9cent marqu\u00e9 par l\u2019industrie mini\u00e8re ou sid\u00e9rurgique, ce pays affirme une identit\u00e9 clairement rurale. Une ville, Boulay-Moselle, de 4\u00a0800\u00a0habitants, en occupe le centre. M\u00eame s\u2019il subit, de fa\u00e7on croissante, l\u2019attraction du p\u00f4le messin, le territoire jouit lui-m\u00eame d\u2019une relative attractivit\u00e9, comme en t\u00e9moigne sa d\u00e9mographie, en hausse r\u00e9guli\u00e8re de 2\u00a0% par an, ce qui, \u00e0 l\u2019heure de la d\u00e9sertification des communes rurales, est un signe encourageant.<\/p>\n<p>Sept ans seulement apr\u00e8s la cr\u00e9ation de la Communaut\u00e9 de communes du Pays Boulageois (CCPB), la r\u00e9forme territoriale allait obliger de tout revoir. La loi NOTRE \u2013 acronyme pour Nouvelle organisation territoriale de la R\u00e9publique \u2013 impose en effet un seuil de 5\u00a0000\u00a0habitants aux communaut\u00e9s de communes\u00a0: il en manquait 200 pour atteindre ce seuil. Des n\u00e9gociations entre le pr\u00e9fet du d\u00e9partement de la Moselle et la CCPB eurent lieu durant toute l\u2019ann\u00e9e 2015, dont les proc\u00e8s-verbaux de d\u00e9lib\u00e9ration font \u00e9tat. On y lit d\u2019abord l\u2019amertume des conseillers, qui reviennent sur le travail fourni pour donner une identit\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9, et leur lassitude devant la perspective de devoir recommencer ce travail dans une aire au p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9largi. Deux th\u00e8ses s\u2019affrontent alors\u00a0: celle du pr\u00e9fet, qui en gestionnaire avis\u00e9 plaide pour un regroupement avec les communaut\u00e9s de communes du Haut-Chemin (Vigy) et de Pange, alors qu\u2019aucun des int\u00e9ress\u00e9s n\u2019\u00e9tait d\u2019accord pour cette option\u00a0; celle du conseil qui pr\u00e9f\u00e8re un mariage avec la Communaut\u00e9 de communes de la Houve (Falck), sur la fronti\u00e8re, \u00e0 l\u2019est de Bouzonville. Ce fut cette derni\u00e8re qui s\u2019imposa, au terme de plusieurs rounds de n\u00e9gociations. Au 1<sup>er<\/sup>\u00a0janvier 2017, une nouvelle entit\u00e9 de 37\u00a0communes et de 23\u00a0000\u00a0habitants, doit ainsi voir le jour. Les comptes rendus de d\u00e9lib\u00e9ration font appara\u00eetre une interrogation sur la mani\u00e8re de \u00ab\u00a0faire territoire\u00a0\u00bb, au-del\u00e0 des services et des comp\u00e9tences partag\u00e9s \u2013 rappelons qu\u2019\u00e0 l\u2019origine des regroupements intercommunaux, il y a souvent la mutualisation de la collecte et du traitement des ordures m\u00e9nag\u00e8res \u2013 par la recherche de r\u00e9f\u00e9rences culturelles communes.<\/p>\n<p>Quand en janvier 2014 je suis venu proposer une collaboration autour d\u2019un programme scientifique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Charles de Villers, \u00e0 pr\u00e9sent inscrit au Contrat de Plan \u00c9tat-R\u00e9gion \u00ab\u00a0Ariane\u00a0\u00bb, j\u2019ai b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une \u00e9coute attentive et extr\u00eamement favorable. Avec mon projet j\u2019apportais \u00e0 cette encore jeune Communaut\u00e9 de communes de quoi satisfaire un besoin identitaire. L\u2019identit\u00e9 du territoire avait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent essentiellement \u00e9t\u00e9 entrevue d\u2019un point de vue g\u00e9ographique\u00a0: les deux Nied, qui confluent \u00e0 Cond\u00e9-Northen dans la Basse-Nied, qui se jette ensuite dans la Sarre. Le projet Villers renfor\u00e7ait le versant historique du socle identitaire. Il venait prolonger des travaux d\u2019\u00e9rudition d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Histoire et d\u2019Arch\u00e9ologie de la Nied. La biblioth\u00e8que-m\u00e9diath\u00e8que, primitivement Andr\u00e9 Malraux, avait \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e du nom de Charles de Villers en 2012. \u00c0 l\u2019origine de cette initiative on trouve Laurent Danner, le directeur g\u00e9n\u00e9ral des services de la Communaut\u00e9 de communes, bibliophile et historien amateur. Ma proposition consistait en une jonction entre l\u2019activit\u00e9 scientifique, qui consistait en un colloque et une exposition, et le public du salon du livre de Boulay, qui depuis quelques ann\u00e9es se tient \u00e0 la toute fin de juin.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne 2014 eut lieu une s\u00e9rie de r\u00e9unions dans le but de d\u00e9finir les contours du projet qui serait soumis dans le cadre de l\u2019appel d\u2019offre annuel du festival Cabanes (D\u00e9partement de la Moselle). Ce projet se divisait pour l\u2019essentiel en deux volets\u00a0: un salon du livre (6<sup>e<\/sup>\u00a0\u00e9dition, sur le th\u00e8me de l\u2019amiti\u00e9 franco-allemande, avec la ville allemande jumel\u00e9e de Mengen)\u00a0; un ensemble de manifestations durant l\u2019\u00e9t\u00e9, baptis\u00e9 \u00ab\u00a0Estivales en pays de Nied\u00a0\u00bb (F\u00eate de la Rivi\u00e8re d\u00e9but juillet\u00a0; festival de la culture au jardin fin ao\u00fbt\u00a0; docu-concert\u00a0; illumination des <em>G\u00e4ssel<\/em>). Le projet a re\u00e7u un soutien de 15\u00a0000\u00a0\u20ac. Au cours des r\u00e9unions successives, j\u2019ai pu observer les liens entre les diff\u00e9rents partenaires, op\u00e9rateurs culturels, associations, \u00e9lus, artistes. Dans le contexte du territoire boulageois, l\u2019organe f\u00e9d\u00e9rateur des associations est l\u2019Union locale des Maisons des Jeunes et de la Culture, qui inclut dix MJC, et qui a la capacit\u00e9 de mobiliser plusieurs centaines de b\u00e9n\u00e9voles. Quant \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur, il s\u2019agit de Sc\u00e8nes et Territoires de Lorraine. Durant ces r\u00e9unions, les interlocuteurs insist\u00e8rent sur l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre au plus pr\u00e8s des attentes locales, de se mettre au service des territoires. Ils pr\u00e9conis\u00e8rent une m\u00e9thodologie de travail qui consistait \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s socio-\u00e9conomiques, en l\u2019occurrence la particularit\u00e9 d\u2019une population rurale ou p\u00e9ri-urbaine. Ils ambitionnaient de cr\u00e9er un espace commun o\u00f9 toutes les attentes \u2013 celles des artistes comme celles des populations \u2013 allaient merveilleusement trouver \u00e0 converger autour d\u2019un m\u00eame id\u00e9al de citoyennet\u00e9. Sous ce discours liss\u00e9 et consensuel se cachaient des tensions entre une volont\u00e9 de promouvoir la culture populaire et une tendance \u00e0 exalter une culture patrimoniale, entre des projets qui visaient \u00e0 valoriser l\u2019action \u00e9ducative et des projets artistiques d\u2019excellence, entre une d\u00e9marche de commande et une farouche revendication de la libert\u00e9 artistique. Ce type de r\u00e9union aboutissait \u00e0 des compromis qui donnaient l\u2019avantage \u00e0 des th\u00e9matiques consensuelles, telle l\u2019amiti\u00e9 franco-allemande, mais qui devaient <em>in fine<\/em> satisfaire aux codes du portage de projet et \u00e0 la rh\u00e9torique des dossiers de demande de subvention. Ici comme ailleurs, le porte-monnaie dicte sa loi. Malgr\u00e9 ces compromis et la prime donn\u00e9e au moins disant dans l\u2019ordre de l\u2019originalit\u00e9, les r\u00e9alisations artistiques, \u00e9tant donn\u00e9 toutes ces contraintes, n\u2019en sont pas moins int\u00e9ressantes, souvent pertinentes, parfois spectaculaires. En 2015, Charles de Villers a servi de fil rouge pour le programme labellis\u00e9 Cabanes, gr\u00e2ce \u00e0 quoi on l\u2019a retrouv\u00e9 mis en voix et en mouvements par la C<sup>ie<\/sup> E.N.Z. de Nathalie Zanini\u00a0; mis en portrait par un atelier de gravure\u00a0; r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 en images et en textes \u00e0 travers son \u0153uvre par les \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles du secteur\u00a0; et surtout traqu\u00e9 par la C<sup>ie<\/sup> Blah Blah Blah qui a promen\u00e9 sa cam\u00e9ra et son microphone sur le territoire de la Nied, \u00e0 Boulay et dans les environs. Le docu-concert \u00ab\u00a0P\u00e9riph\u00e9rie \u00e0 Boulay\u00a0\u00bb, produit le 29\u00a0ao\u00fbt 2015, et dont la captation int\u00e9grale est visible sur Internet<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a>, faisait une place, non d\u00e9nu\u00e9e d\u2019humour, \u00e0 Charles de Villers, r\u00e9incarn\u00e9 pour l\u2019occasion en professionnel du b\u00e2timent au volant d\u2019un utilitaire. Le m\u00eame soir, la C<sup>ie<\/sup> Carabosse illuminait avec des torch\u00e8res les ruelles de Boulay, aussi appel\u00e9es <em>G\u00e4ssel<\/em><a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<h2>Charles de Villers, le Lorrain-allemand<\/h2>\n<p>Nous avons vu dans le contexte boulageois que l\u2019identit\u00e9 lorraine n\u2019est uniforme que du point de vue de Paris\u00a0: il n\u2019y a, en r\u00e9alit\u00e9, non une mais des Lorraine. On n\u2019est pas lorrain de la Nied comme on est lorrain de Pange. Et les recompositions successives impos\u00e9es par les d\u00e9coupages territoriaux n\u2019ont pas concouru \u00e0 simplifier les choses.<\/p>\n<p>La situation \u00e9tait-elle plus simple, deux cent cinquante ans plus t\u00f4t, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la naissance de Charles de Villers\u00a0? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. Boulay \u00e9tait bailliage du duch\u00e9 de Lorraine, mais dans la zone linguistique germanophone. La co-existence du fran\u00e7ais et du francique correspondait \u00e0 une diff\u00e9renciation sociale\u00a0: la bonne soci\u00e9t\u00e9 parlait fran\u00e7ais quand la bourgeoisie parlait <em>platt<\/em>. Situ\u00e9e sur la fronti\u00e8re linguistique, aux limites du duch\u00e9 et aux marches du royaume, Boulay occupait une position g\u00e9ographique qui en fit un des points de passage des \u00e9migr\u00e9s de 1791-1792 vers l\u2019Allemagne voisine. C\u2019est en cette ann\u00e9e 1792 que Charles de Villers, alors capitaine d\u2019artillerie, d\u00e9cide de quitter la France. Il ne sait pas encore que ce voyage sera pour lui un aller sans retour. Son histoire est, \u00e0 partir de l\u00e0, celle d\u2019une germanisation progressive, d\u2019abord al\u00e9atoire, puis m\u00e9thodique, jusqu\u2019\u00e0 une assimilation telle qu\u2019il se trouvera par la suite en position de se faire l\u2019avocat de la germanit\u00e9 aupr\u00e8s du public fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Officier en d\u00e9sertion de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, expatri\u00e9 volontaire, bient\u00f4t inscrit sur la liste des \u00e9migr\u00e9s, et condamn\u00e9 \u00e0 mort par contumace, Charles de Villers a perdu toute esp\u00e8ce d\u2019appartenance nationale, ce que l\u2019allemand rend, mieux que notre \u00e9quivoque \u00ab\u00a0apatride\u00a0\u00bb, par le vocable \u00ab\u00a0<em>Staatenloser<\/em>\u00a0\u00bb. On sait par les registres d\u2019inscription de l\u2019universit\u00e9 de G\u00f6ttingen qu\u2019il se d\u00e9clare \u00e0 cette \u00e9poque comme li\u00e9geois<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a>. Li\u00e8ge, principaut\u00e9 \u00e9piscopale francophone de l\u2019Empire germanique, occup\u00e9e par les troupes fran\u00e7aises de Dumouriez, est en 1795 annex\u00e9e \u00e0 la France. Il est vraisemblable, dans ce contexte troubl\u00e9 de guerre et d\u2019occupation, de se pr\u00e9senter en Westphalie sous une identit\u00e9 li\u00e9geoise. Cela vaut mieux dans tous les cas que de s\u2019avouer \u00e9migr\u00e9 fran\u00e7ais. Les Allemands sont \u00e0 cette \u00e9poque tr\u00e8s partag\u00e9s sur ce qu\u2019il faut penser de la R\u00e9volution de France\u00a0: l\u2019enthousiasme le plus insens\u00e9 cohabite avec la gallophobie la plus outr\u00e9e. Il en est qui r\u00e9clament le rattachement de la Rh\u00e9nanie \u00e0 la France, quand d\u2019autres esp\u00e8rent la victoire de la Premi\u00e8re Coalition sur les arm\u00e9es fran\u00e7aises. Se d\u00e9clarer Fran\u00e7ais en ces ann\u00e9es-l\u00e0 c\u2019est prendre le risque de s\u2019exposer \u00e0 l\u2019ostracisme et au rejet. La nationalit\u00e9 li\u00e9geoise prot\u00e8ge donc Charles de Villers de ce genre d\u2019attitude \u00e0 son \u00e9gard. Notons que dix ans plus tard il est toujours qualifi\u00e9 pour les universitaires de G\u00f6ttingen de \u00ab\u00a0Leodiensis<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant d\u00e8s 1800, Charles de Villers a chang\u00e9 de strat\u00e9gie\u00a0: il avoue d\u00e9sormais haut et fort ses origines, mais en mettant prudemment l\u2019accent sur son identit\u00e9 lorraine. Certes le contexte a chang\u00e9\u00a0: les sanguinaires montagnards ont fait place \u00e0 un homme fort, capable, semble-t-il, de redresser le pays, et qui \u00e9veille alors plus d\u2019espoir qu\u2019il n\u2019inspire de r\u00e9probation. L\u2019\u00e9tat de gr\u00e2ce de Bonaparte sera pourtant de courte dur\u00e9e. Au moment d\u2019\u00eatre agr\u00e9g\u00e9, en qualit\u00e9 de membre correspondant, \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 savante de G\u00f6ttingen (<em>Akademie der Wissenschaften zu G\u00f6ttingen<\/em>), Charles de Villers r\u00e9dige un curriculum vitae (<em>Lebenslauf<\/em>) qui commence par ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Charles de Villers, n\u00e9 en Lorraine allemande, le 4 novembre 1765<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]<\/a>\u00a0\u00bb. Plus loin il rappelle qu\u2019il est n\u00e9 dans la Lorraine ducale\u00a0: \u00ab\u00a0Est-ce parce que le hasard m\u2019a fait na\u00eetre sous la domination fran\u00e7aise (je suis n\u00e9 quelques mois avant la fin du r\u00e8gne de notre dernier duc Stanislas\u00a0; apr\u00e8s lequel nous f\u00fbmes d\u00e9finitivement r\u00e9unis)\u00a0\u00bb. Il fait ainsi jouer les deux variables, linguistique et politique, qui, combin\u00e9es, donnent quatre Lorraine diff\u00e9rentes, et il se situe quant \u00e0 lui dans la Lorraine ducale allemande, cas de figure qui redouble l\u2019opposition \u00e0 la France. En \u00e9crivant \u00ab\u00a0Lorraine allemande\u00a0\u00bb, il signifie donc qu\u2019il n\u2019est Fran\u00e7ais ni par la nationalit\u00e9, puisqu\u2019il est sujet du d\u00e9funt duc, ni par la langue, puisqu\u2019il est n\u00e9 en territoire germanophone. Quatorze ans plus tard, quand, les Fran\u00e7ais ayant quitt\u00e9 la Westphalie, il adresse aux nouvelles autorit\u00e9s une supplique pour demander sa r\u00e9int\u00e9gration dans le corps professoral de G\u00f6ttingen, il reprend la m\u00eame argumentation, recourt \u00e0 la m\u00eame diff\u00e9renciation, mais invoque aussi son action au service de la promotion de l\u2019identit\u00e9 allemande, gr\u00e2ce \u00e0 quoi il a gagn\u00e9 \u00ab\u00a0le droit de n\u2019\u00eatre plus regard\u00e9 et trait\u00e9 comme un \u00e9tranger, comme un Fran\u00e7ais, dans aucun des \u00e9tats de l\u2019Allemagne<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Charles de Villers a bien saisi l\u2019opportunit\u00e9 \u00e0 se dire lorrain, surtout dans la p\u00e9riode troubl\u00e9e que traverse l\u2019Europe, l\u2019Allemagne singuli\u00e8rement, partiellement annex\u00e9e ou francis\u00e9e entre 1806 et 1813. Se dire lorrain quand on est condamn\u00e9 \u00e0 mort dans son propre pays, c\u2019est prudent. Se dire lorrain quand ses compatriotes commettent exaction sur exaction dans la terre o\u00f9 l\u2019on a trouv\u00e9 refuge, c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 vitale. Se dire lorrain, quand le pays o\u00f9 l\u2019on a fait souche, enfin d\u00e9barrass\u00e9 de ses occupants, pense \u00e0 se donner une forme politique, c\u2019est opportun. Notons que cet opportunisme, justifi\u00e9 par les circonstances, ne suffit pas \u00e0 rendre compte de la revendication de l\u2019identit\u00e9 lorraine. Charles de Villers se sent profond\u00e9ment lorrain\u00a0: il est issu d\u2019une lign\u00e9e d\u2019officiers au service des ducs de Lorraine, petits administrateurs, comme son p\u00e8re ou son grand-p\u00e8re, tous deux receveurs fiscaux<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>Nous serions tent\u00e9s aujourd\u2019hui de trancher la question en qualifiant Charles de Villers de \u00ab\u00a0franco-allemand\u00a0\u00bb. Une telle appellation existe \u00e0 l\u2019\u00e9poque, mais elle n\u2019a qu\u2019une acception strictement culturelle. Certains de ses amis et correspondants le nomment ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Gallo-Germanier<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crit Carl Friedrich Cramer<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]<\/a>. Sur son dipl\u00f4me de professeur de l\u2019universit\u00e9 de G\u00f6ttingen, en date du 27 septembre 1805, il est \u00ab\u00a0<em>Germano-lothringer<\/em>\u00a0\u00bb. Goethe a d\u00e9cid\u00e9\u00a0: en affublant son ami du sobriquet de \u00ab\u00a0<em>Janus bifrons<\/em>\u00a0\u00bb, il l\u2019a d\u00e9fini comme un \u00eatre \u00e0 double visage, regardant simultan\u00e9ment vers la France et vers l\u2019Allemagne<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]<\/a>. Quant \u00e0 la double nationalit\u00e9, c\u2019est une autre affaire. D\u2019abord la notion est inconnue \u00e0 l\u2019\u00e9poque dont nous parlons. Le ministre de l\u2019int\u00e9rieur fran\u00e7ais Montalivet, proche de Charles de Villers, met en garde son ami contre le risque que pr\u00e9sente le titre de citoyen de Br\u00eame que la ville hans\u00e9atique veut lui d\u00e9cerner. S\u2019il jouit des droits de citoyen de Br\u00eame, il perd la qualit\u00e9 de fran\u00e7ais, en vertu de l\u2019article 17 du Code civil, \u00ab\u00a0par la naturalisation acquise en pays \u00e9tranger<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]<\/a>\u00a0\u00bb. Rappelons enfin, alors que nous vivons aujourd\u2019hui une quasi osmose entre les deux peuples, que tout opposait la France et l\u2019Allemagne, que Charles de Villers, qui lui-m\u00eame s\u2019est employ\u00e9 \u00e0 \u0153uvrer \u00e0 la compr\u00e9hension mutuelle des deux nations, admet qu\u2019il y a \u00ab\u00a0une distance infranchissable de l\u2019esprit fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019esprit allemand, [et qu\u2019]ils sont plac\u00e9s sur deux sommets entre lesquels il y a un ab\u00eeme<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La situation de Charles de Villers en 1814, quand, l\u2019occupant fran\u00e7ais s\u2019\u00e9tant retir\u00e9, il se retrouve face aux nouvelles autorit\u00e9s de Westphalie, n\u2019est pas sans \u00e9voquer celle des Allemands de <em>Deutsch-Lothringen<\/em>, qui, apr\u00e8s l\u2019armistice de 1918, durent trouver refuge en Allemagne, o\u00f9 on ne les attendait pas (Wittenbrock, 2015). Homme des fronti\u00e8res, Charles de Villers est en quelque sorte nativement vou\u00e9 \u00e0 une existence \u00e0 cheval entre les nations, les cultures, les langues. D\u2019une nationalit\u00e9 il n\u2019occupe que la frange la plus contigu\u00eb \u00e0 la nationalit\u00e9 voisine, ce qui le rend apte \u00e0 jouer un r\u00f4le de m\u00e9diateur culturel, mais ce qui le rend aussi vuln\u00e9rable en cas d\u2019instabilit\u00e9 politique. Ses amis, notons-le, occupent la m\u00eame position marginale dans leurs champs nationaux respectifs, qu\u2019ils soient lorrains, comme Montalivet, Gr\u00e9goire ou Berr, suisses, comme Constant, Stapfer ou M\u00fcller, rh\u00e9nans, comme Reinhard, G\u00f6rres ou Jacobi, alsaciens, comme Arnold, Haffner ou Koch, ou belfortains, comme Cuvier.<\/p>\n<p>L\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00eatre lorrain, et pas lorrain en g\u00e9n\u00e9ral mais lorrain de tel ou tel territoire \u2013 le mot \u00e9tant pris dans une acception spatiale mais plus encore politique \u2013 Charles de Villers l\u2019a comprise et mise en application. Cela a si bien fonctionn\u00e9 qu\u2019\u00e0 deux cents ans de l\u00e0, d\u2019autres Lorrains rejouent la carte de l\u2019identit\u00e9 lorraine, pour redynamiser un espace rural qui se trouve dans un entre-deux g\u00e9ographique et culturel. Qu\u2019ils aient cru trouver en Charles de Villers un embl\u00e8me des nouveaux d\u00e9fis que leur lance la r\u00e9forme territoriale n\u2019est sans doute pas anodin. Charles de Villers par la trajectoire qui est la sienne, par l\u2019utilisation opportuniste de l\u2019identit\u00e9 lorraine qu\u2019il a faite, est une figure litt\u00e9ralement fascinante, car r\u00e9fl\u00e9chissant les interrogations contemporaines sur les nouveaux territoires. Interm\u00e9diaire, <em>Mittler<\/em>, il est l\u2019embl\u00e8me d\u2019un territoire qui se veut \u00ab\u00a0trait d\u2019union\u00a0\u00bb entre des r\u00e9gions distantes de la Lorraine \u2013 Metz et le sillon mosellan, le bassin houiller lorrain et son prolongement sarrois \u2013 d\u2019un territoire qui se pense comme jonction d\u2019espaces h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. C\u2019est peut-\u00eatre cela \u00eatre lorrain, se tenir sur une zone fronti\u00e8re, porter son regard simultan\u00e9ment vers l\u2019int\u00e9rieur et vers l\u2019ext\u00e9rieur, et introduire un peu de coh\u00e9rence dans un monde menac\u00e9 par la dispersion et l\u2019\u00e9clatement.<\/p>\n<p>Une fois qu\u2019on a not\u00e9 cette \u00e9tonnante convergence, on ne peut se dispenser de s\u2019interroger sur les limites de cette identification, et sur les risques qu\u2019elle fait courir \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019image de l\u2019auteur. Car une \u0153uvre ne vaut que par l\u2019infinie ressource qu\u2019elle doit offrir \u00e0 ceux qui viennent y puiser. En d\u00e9clarant son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur un auteur, le territoire, parce qu\u2019il circonscrit l\u2019apport virtuel d\u2019une \u0153uvre \u00e0 l\u2019horizon contemporain, peut pr\u00e9matur\u00e9ment ass\u00e9cher la source. Faire porter \u00e0 Charles de Villers le chapeau du parfait Franco-allemand est pertinent sur le plan de la communication\u00a0; \u00e0 long terme cela produira un gauchissement tel qu\u2019il sera tr\u00e8s compliqu\u00e9 de retrouver l\u2019original sous la caricature. La maison d\u2019\u00e9dition Le Cavalier Bleu a ouvert une collection \u00ab\u00a0Id\u00e9es re\u00e7ues\u00a0\u00bb dont l\u2019objet est de corriger les raccourcis, contre-v\u00e9rit\u00e9s et approximations dont souffrent diff\u00e9rents domaines du savoir\u00a0; les \u00e9crivains c\u00e9l\u00e8bres n\u2019y font pas exception<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]<\/a>. L\u2019identification d\u2019un territoire \u00e0 un auteur peut produire des effets semblables. Elle peut amener \u00e0 minorer certains aspects d\u00e9rangeants de la vie ou de l\u2019\u0153uvre, au pr\u00e9texte qu\u2019ils ne correspondraient pas aux attentes de la soci\u00e9t\u00e9. Les convictions royalistes de cet \u00e9migr\u00e9, qui d\u00e8s le retour de Louis xviii cherche \u00e0 obtenir la d\u00e9coration du Lys s\u2019accordent mal avec notre r\u00e9publicanisme, tout consensuel et mou soit-il. Les diatribes anti-fran\u00e7aises de l\u2019auteur qui s\u2019acharne \u00e0 pourfendre la frivolit\u00e9 fran\u00e7aise, pour mieux montrer la noblesse et la moralit\u00e9 des productions litt\u00e9raires allemandes, sont g\u00e9n\u00e9ralement pass\u00e9es sous silence. Quant \u00e0 la th\u00e8se de la sup\u00e9riorit\u00e9 de la race germanique, alors r\u00e9pandue dans les milieux savants, et dont Charles de Villers se fait l\u2019\u00e9cho dans certains de ses \u00e9crits, elle inspire aujourd\u2019hui une telle r\u00e9action d\u2019horreur qu\u2019il devient difficile de la justifier en invoquant l\u2019\u00e9tat du savoir, la domination du mod\u00e8le fran\u00e7ais, ou l\u2019\u00e9veil national allemand. Charles de Villers ne pourra devenir un produit de marketing pour le Pays Boulageois, qu\u2019\u00e0 la condition d\u2019\u00eatre purg\u00e9 de tous les \u00e9l\u00e9ments qui choquent notre sensibilit\u00e9 de post-modernes.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9flexion vaut pour tous les \u00e9crivains dont on est tent\u00e9 de red\u00e9couvrir la pens\u00e9e ou l\u2019\u0153uvre. Parce que le facteur territorial est le moins r\u00e9cusable, une ville ou une r\u00e9gion trouveront une l\u00e9gitimit\u00e9 naturelle \u00e0 se r\u00e9clamer d\u2019un enfant du pays. De l\u00e0 \u00e0 identifier les logiques identitaires territoriales aux logiques identitaires de l\u2019\u00e9crivain, il n\u2019y a qu\u2019un pas, qui peut \u00eatre vite franchi. C\u2019est \u00e0 ce stade qu\u2019intervient le facteur artistique\u00a0: en r\u00e9interpr\u00e9tant l\u2019auteur, au prix de distorsions parfois surprenantes, l\u2019artiste se donne une libert\u00e9 qui l\u2019affranchit de la fid\u00e9lit\u00e9 historique. Par l\u00e0 aussi il affranchit la figure de l\u2019auteur d\u2019une mission qu\u2019elle serait cens\u00e9e assurer sur le territoire. L\u2019affiche de la C<sup>ie<\/sup> Blah Blah Blah est \u00e0 cet \u00e9gard d\u2019une extr\u00eame intelligence<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\">[14]<\/a>\u00a0: exploitant le portrait peint par Gr\u00f6ger, le graphiste a d\u00e9tour\u00e9 la figure et plac\u00e9 en fond une vue a\u00e9rienne de la campagne des environs de Boulay, puis a ajout\u00e9 sous la forme d\u2019un calque un extrait d\u2019une carte ancienne, ant\u00e9rieure au rattachement de la Lorraine \u00e0 la France. Il a produit une expression visuelle des donn\u00e9es du probl\u00e8me\u00a0: comment faire territoire \u00e0 partir d\u2019un pass\u00e9 dont on sait qu\u2019il ne co\u00efncide plus avec les questions et les attentes actuelles\u00a0? La r\u00e9ponse est peut-\u00eatre dans le sourire qu\u2019il a donn\u00e9 \u00e0 Charles de Villers, aussi \u00e9nigmatique de celui de Mona Lisa, et non moins ironique.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Bernard M., 2016, Charles de Villers. De Boulay \u00e0 G\u00f6ttingen. Itin\u00e9raire d\u2019un m\u00e9diateur franco-allemand, Metz, Paraiges.<\/p>\n<p>Stein M., 2007, Hugo, Paris, \u00c9d. Le Cavalier Bleu.<\/p>\n<p>Wittenbrock R., 2015, \u00ab\u00a0Des ind\u00e9sirables partout\u00a0? Les expuls\u00e9s et rapatri\u00e9s allemands \u00e0 destination de la Sarre apr\u00e8s 1918\u00a0\u00bb, pp.\u00a0332-348, in\u00a0: Nauroy G., Laparra J.-Cl., \u00e9ds, Metz. De l\u2019Allemagne \u00e0 la France. M\u00e9moires de la Grande Guerre, Thionville, G\u00e9rard Klopp.<\/p>\n<p>Wittmer L., 1908, Charles de Villers. 1765-1815. Un interm\u00e9diaire entre la France et l\u2019Allemagne et un pr\u00e9curseur de Mme de Sta\u0451l, Gen\u00e8ve, Georg.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> Pour une information compl\u00e8te concernant l\u2019\u00e9crivain, on se reportera \u00e0 la biographie de Monique Bernard (2016).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> Acc\u00e8s\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=S9gpAJYX4is\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=S9gpAJYX4is<\/a>. Consult\u00e9 le 25\/01\/17. \u00c0 11\u00a0mn 10, Charles de Villers appara\u00eet au volant d\u2019un utilitaire.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> \u00c0 partir de cette nuit m\u00e9morable, le public a red\u00e9couvert l\u2019existence de ces chemins situ\u00e9s \u00e0 l\u2019emplacement des anciens remparts. <em>Le R\u00e9publicain Lorrain<\/em> pouvait ainsi titrer\u00a0: \u00ab\u00a0Les G\u00e4ssel red\u00e9couverts\u00a0\u00bb (13\/09\/15).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[4]<\/a> <em>Verzeichnis der Studierenden auf der Georg August Universit\u00e4t zu G\u00f6ttingen auf das halbe Jahr von Ostern 1797 bis Michaelis 1797<\/em>. Archiv der Stadt G\u00f6ttingen.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[5]<\/a> Voir le dipl\u00f4me d\u00e9livr\u00e9 par l\u2019<em>Akademie der Wissenschaften zu G\u00f6ttingen<\/em>, et dat\u00e9 du 28 novembre 1806. Staats- und Universit\u00e4tsbibliothek Hamburg.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[6]<\/a> <em>Villers\u2019 Lebenslauf<\/em>. Manuscrit autographe. Archiv der Akademie der Wissenschaften, G\u00f6ttingen.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> <em>Tr\u00e8s humble repr\u00e9sentation<\/em>. 2 avril 1814. Manuscrit autographe. Staats- und Universit\u00e4tsbibliothek Hamburg.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[8]<\/a> Le p\u00e8re Fran\u00e7ois-Dominique sera commissaire de la R\u00e9publique, puis procureur imp\u00e9rial au tribunal de Sarreguemines.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[9]<\/a> Lettre du 6 juin 1802, cit\u00e9e par L.\u00a0Wittmer (1908\u00a0: 172).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[10]<\/a> \u00ab\u00a0[\u2026] <em>da er wie eine Art von Janus Bifrons her\u00fcber und hin\u00fcber sieht<\/em>\u00a0\u00bb. Lettre de Goethe \u00e0 Reinhard du 22 juillet 1810. <em>Goethes-Jahrbuch<\/em>, Bd. xx, 1899, p. 118.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[11]<\/a> Lettre de Montalivet \u00e0 Villers du 14 mars 1809. Staats- und Universit\u00e4tsbibliothek Hamburg.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[12]<\/a> Charles de Villers, <em>Philosophie de Kant<\/em>, Metz, Collignon, 1801, p. lxiv.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[13]<\/a> Voir notamment\u00a0: Marieke Stein (2007).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[14]<\/a> Acc\u00e8s\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.republicain-lorrain.fr\/week-end\/2015\/08\/27\/sound-of-floyd\">http:\/\/www.republicain-lorrain.fr\/week-end\/2015\/08\/27\/sound-of-floyd<\/a>. 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