{"id":1957,"date":"2016-09-20T13:09:38","date_gmt":"2016-09-20T12:09:38","guid":{"rendered":"http:\/\/studioreb.fr\/lde\/?p=1957"},"modified":"2016-10-12T09:16:31","modified_gmt":"2016-10-12T08:16:31","slug":"jacques-brenner","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/jacques-brenner\/","title":{"rendered":"Jacques Brenner"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 le 16 septembre 1922 \u00e0 Saint-Di\u00e9, mort le 20 f\u00e9vrier 2001 \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Jacques Brenner, de son vrai nom Jacques Meynard, est fils de fonctionnaire de la Poste. Il r\u00e9alise ses \u00e9tudes \u00e0 Rouen apr\u00e8s que son p\u00e8re y ait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 chef de centre des ch\u00e8ques postaux et obtient une licence de droit en 1945. A la m\u00eame \u00e9poque, il publie ses premiers essais dans\u00a0<em>Confluences<\/em>.<\/p>\n<p>Il s\u2019installe sur Paris et fr\u00e9quente des auteurs tels que Boris Vian et Eug\u00e8ne Ionesco. En 1953, il cr\u00e9e sa propre revue litt\u00e9raire\u00a0<em>Les Cahiers des Saisons<\/em>\u00a0dont le but est de promouvoir les jeunes talents. Cette exp\u00e9rience lui permet de se faire un nom et lui permet d\u2019acc\u00e9der au poste de conseiller litt\u00e9raire dans diff\u00e9rentes maisons d\u2019\u00e9dition.<\/p>\n<p>Jacques Brenner est surtout connu du public en tant qu\u2019auteur. Il publie sa premi\u00e8re \u0153uvre,\u00a0<em>Les Portes de la vie<\/em>, une trilogie bas\u00e9e sur sa jeunesse, en 1948. Son \u0153uvre majeure est son\u00a0<em>Journal<\/em>, \u0153uvre r\u00e9dig\u00e9e sur cinquante ans dans laquelle le lecteur peut notamment d\u00e9couvrir la vie litt\u00e9raire parisienne du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Bibliographie s\u00e9lective<\/strong><\/h2>\n<h3><strong>Romans<\/strong><\/h3>\n<p><em>Les Portes de la vie<\/em> (1948)<\/p>\n<p><em>Les Malheurs imaginaires<\/em> (1949)<\/p>\n<p><em>L\u2019Atelier du photographe<\/em> (1955)<\/p>\n<p><em>La Tour Saint-Andr\u00e9<\/em> (1960)<\/p>\n<p><em>Les Lumi\u00e8res de Paris<\/em> (1962)<\/p>\n<p><em>Une Femme d\u2019aujourd\u2019hui<\/em> (1966)<\/p>\n<p><em>Plaidoyer pour les chiens<\/em> (1972)<\/p>\n<p><em>La Rentr\u00e9e des classes<\/em> (1977)<\/p>\n<p><em>Le Fl\u00e2neur indiscret<\/em> (1995)<\/p>\n<p><em>Journal, 5 tomes<\/em> (2006 \u00e0 2008)<\/p>\n<h3><strong>Essais<\/strong><\/h3>\n<p><em>Martin du Gard<\/em> (1961)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Citation<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Stanislas se tut un instant, puis reprit\u00a0: \u00ab\u00a0Mes parents tenaient un magasin \u00e0 Epinal. Ils vendaient des instruments de musique. Un soir d\u2019hiver, un gamin de quinze ans demanda \u00e0 voir des harmonicas. Il \u00e9tait mal v\u00eatu, sans manteau malgr\u00e9 le froid. Je revois ses mains violettes. Mon p\u00e8re apporta une douzaine d\u2019instruments, que le gosse essaya successivement. Il jouait bien et m\u00eame un client servi restait \u00e0 l\u2019\u00e9couter. Apr\u00e8s un quart d\u2019heure, il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je r\u00e9fl\u00e9chirai. Aucun ne me semble absolument convenir.\u00a0\u00bb Il se dirige vers la porte. Mais mon p\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Attendez un instant, je ne retrouve pas mon compte.\u00a0\u00bb Le gosse s\u2019arr\u00eate. Je le regarde attentivement, je le plains d\u2019\u00eatre aussi peu v\u00eatu pour la saison et, de toute fa\u00e7on, aussi mal v\u00eatu. Mon p\u00e8re reprend\u00a0: \u00ab\u00a0Oui,, il me manque un harmonica.\u00a0\u00bb Le gosse s\u2019\u00e9crie\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Vous pouvez me fouiller.\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a, je vais te fouiller.\u00a0\u00bb Mon p\u00e8re me para\u00eet odieux. Il t\u00eate les poches du gamin et ne trouve rien. Le client et ma m\u00e8re suivent la sc\u00e8ne avec autant d\u2019int\u00e9r\u00eat que moi. Mon p\u00e8re affirme\u00a0: \u00ab\u00a0Il me manque pourtant un harmonica\u00a0\u00bb, il recule d\u2019un pas, le gamin fond en larmes, je suis pr\u00e8s d\u2019en faire autant. A ce moment, mon p\u00e8re triomphe, il d\u00e9signe les jambes de pantalon du gamin, qui sont serr\u00e9es en bas par une ficelle. Mon p\u00e8re s\u2019agenouille, d\u00e9noue une des ficelles et alors roulent sur le plancher les objets les plus h\u00e9t\u00e9roclites\u00a0: une orange, un peigne, un stylo, un cadenas, une plaque de chocolat\u2026 et l\u2019harmonica. Un silence s\u2019\u00e9tablit, que rompt le client pour conseiller \u00e0 ma m\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0T\u00e9l\u00e9phonez au commissariat\u00a0\u00bb. Le gosse n\u2019a pas fait un geste. Mon p\u00e8re ramasse l\u2019harmonica. Le client insiste\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne t\u00e9l\u00e9phonez pas\u00a0?\u00a0\u00bb &#8211; \u00ab\u00a0Non\u00a0\u00bb, dit mon p\u00e8re. Et au gosse\u00a0: \u00ab\u00a0Allez, file\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Source : Les Portes de la vie, Paris, 1948.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 le 16 septembre 1922 \u00e0 Saint-Di\u00e9, mort le 20 f\u00e9vrier 2001 \u00e0 Paris. 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