{"id":2015,"date":"2016-09-20T13:19:29","date_gmt":"2016-09-20T12:19:29","guid":{"rendered":"http:\/\/studioreb.fr\/lde\/?p=2015"},"modified":"2016-10-11T19:45:29","modified_gmt":"2016-10-11T18:45:29","slug":"fabienne-jacob","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/fabienne-jacob\/","title":{"rendered":"Fabienne Jacob"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9e le 25 novembre 1959 \u00e0 Cr\u00e9hange.<\/p>\n<p>Fabienne Jacob passe les 17 premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie \u00e0 Guessling-H\u00e9mering. Elle y parle le Ditsch, sa langue maternelle, jusqu\u2019en classe de 6<sup>\u00e8me<\/sup>, \u00e9poque \u00e0 laquelle elle s\u2019efforce de l\u2019oublier pour ne parler qu\u2019en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ses \u00e9tudes, elle devient enseignante \u00e0 Mayotte avant de s\u2019installer \u00e0 Paris, o\u00f9 elle vit encore aujourd\u2019hui. Apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 divers m\u00e9tiers, parmi lesquels elle \u00e9crit pour plusieurs journaux, Fabienne Jacob d\u00e9cide de vivre de sa plume. Elle publie son premier roman,\u00a0<em>Les apr\u00e8s-midi, \u00e7a devrait pas exister<\/em>, en 2003. Nomm\u00e9e \u00e0 deux reprises au prix F\u00e9mina, elle est aujourd\u2019hui l\u2019auteure d\u2019une \u0153uvre romanesque dont elle tire l\u2019inspiration de son enfance, du corps et des sensations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n<h3>Roman<\/h3>\n<p><em>Les Apr\u00e8s-midi, \u00e7a devrait pas exister<\/em> (2003)<\/p>\n<p><em>Des louves<\/em> (2006)<\/p>\n<p><em>Corps<\/em> (2010)<\/p>\n<p><em>L\u2019Averse<\/em> (2012)<\/p>\n<p><em>Mon \u00e2ge<\/em> (2014)<\/p>\n<p><em>Les S\u00e9ances<\/em> (2016)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Citation<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le Platt, a \u00e9t\u00e9 ensevelie sous plusieurs s\u00e9diments de fran\u00e7ais mais au fond de moi, elle a toujours continu\u00e9 d\u2019irradier comme un diamant noir. Je la soup\u00e7onne m\u00eame d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de mon \u00e9criture. La matrice. Le fran\u00e7ais \u00e9tait la belle langue lisse, liquide et \u00e9l\u00e9gante que parlaient d\u2019abord les ma\u00eetresses de l\u2019\u00e9cole de Guessling, mon petit village mosellan non loin du bassin minier de Faulquemont. Puis il devint la langue des filles et fils d\u2019ing\u00e9nieurs de la mine au lyc\u00e9e, ceux qui avaient l\u2019assurance et la d\u00e9sinvolture des gens bien n\u00e9s. Ceux qui mangeaient des avocats et des hu\u00eetres, quand moi-m\u00eame j\u2019ignorais encore tout du mot et de la chose. Quiconque ne parlait pas cette langue s\u2019exposait \u00e0 \u00eatre un \u201cplouc\u201d. Pire, un Schleuh. Du fait de cette stigmatisation, le Platt \u00e9tait la langue de l\u2019humiliation et de la honte. Celle qui, par ses sons rudes et gutturaux, vous rel\u00e9guait ad vitam aeternam vers votre foss\u00e9 de purin atavique, celui qui coulait devant le tas de fumier de votre village-rue avant que la loi les interdise. Bien s\u00fbr quand j\u2019\u00e9tais enfant, cette analyse de la langue comme outil de classe m\u2019\u00e9chappait, mais des processus inconscients devaient \u00eatre \u00e0 l\u2019\u0153uvre car j\u2019ai vite compris ce qu\u2019on essayait de me faire comprendre, que le Platt serait un moins et non un plus pour qui voulait grimper dans l\u2019ascenseur social ! Mon application de bonne \u00e9l\u00e8ve et mon go\u00fbt pour les mots et les histoires ont fait le reste. Je parle aujourd\u2019hui un fran\u00e7ais sans faute et sans accent. Mieux, je suis devenue une \u201cprofessionnelle\u201d puisque je suis devenue \u00e9crivain dans cette langue admir\u00e9e et convoit\u00e9e. En un mot, la revanche de la fille de ploucs sur les filles d\u2019ing\u00e9nieur ! Ce statut de transfuge ne va pas sans culpabilit\u00e9. De la transfuge \u00e0 la tra\u00eetresse il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026 Ma trahison est triple. G\u00e9ographique, (j\u2019habite Paris), sociale, (je vis dans un milieu cultiv\u00e9) et linguistique (je parle fran\u00e7ais). Le tra\u00eetre a toujours la double honte, coll\u00e9e aux basques, devant ceux qu\u2019il a trahis, les siens, et ceux pour qui il a trahi. J\u2019ai compris depuis peu que cette triple trahison avait fond\u00e9 mon \u00e9criture.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s trente ans pass\u00e9s en immersion quasi-totale loin de mes origines, je les ai refoul\u00e9es. Question de survie \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 l\u2019on veut se fondre dans la moyenne, o\u00f9 l\u2019on ne veut rien voir qui d\u00e9passe, ni personnalit\u00e9, ni langue. Aujourd\u2019hui j\u2019aime et revendique ce qui d\u00e9passe ! Mes origines remontent \u00e0 la surface, les bulles d\u2019un cadavre dont j\u2019aurais voulu me d\u00e9barrasser. On n\u2019en finit pas avec les morts.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Source :\u00a0Da D\u00f2da (le jaune d\u2019\u0153uf), texte r\u00e9alis\u00e9 au cours d&#8217;une r\u00e9sidence au Moulin de la Blies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e le 25 novembre 1959 \u00e0 Cr\u00e9hange. Fabienne Jacob passe les 17 premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie \u00e0 Guessling-H\u00e9mering. Elle y parle le Ditsch, sa langue maternelle,<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/fabienne-jacob\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2015","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2015","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2015"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2015\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3471,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2015\/revisions\/3471"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.univ-lorraine.fr\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}